Accueil du site > Publications > Les archives, l’histoire et les médias : quelle collaboration pour une (...) > Chapitre 2 > Etat des lieux > section 2 : Les difficultés et entraves à (...)

Chapitre 2 > Etat des lieux > section 2 : Les difficultés et entraves à cette mission

lundi 24 mars 2008

Aussi bien les archives, l’histoire que les médias , ils rencontrent des difficultés dans l’accomplissement de leur mission.

- Les problèmes d’archivage

Les problèmes et les difficultés rencontrés par les services producteurs de documents (collectivités locales, offices et sociétés d’Etat, entreprises publiques et privées, établissements publics et semi-publics, ministères ?) interrogent l’état général des documents d’archives dans les administration. Ils englobent aussi bien le traitement physique que subissent les archives que les locaux qui les abritent.

Le traitement comprend la collecte, le tri, le cadre de classement, le classement. Le tri des documents au moment des opérations d’archivage est une phase assez longue. On comprend aisément là les difficultés de l’archiviste qui se trouve devant une masse de documents non triés. Dans ces conditions, une décision d’élimination systématique et totale ne tardera pas à être prise par un responsable. De plus la gestion des archives n’est pas toujours confiée à un archiviste professionnel car la conception selon laquelle l’archiviste est le ’’dernier des commis’’ continue d’être présente à l’esprit. Par ailleurs, le cadre de classement étant la grille suivant laquelle les grands ensembles d’archives sont répartis en groupes et sous-groupes, on constate que les administrations béninoises qui s’en dotent sont rares et même s’il en existe, ils sont mal élaborés parce que n’ayant pas reçu l’aval de l’institutions compétente en matière d’archives comme la D.A.N. Quant au classement des documents, il n’est pas souvent effectué. Or un document mal classé est à jamais perdu, dit-on. Les jours passent et les documents s’amoncellent de plus en plus. Le triste constat qui s’en suit est que le classement n’est jamais à jour, les documents bien que constitués, deviennent inutiles et ne peuvent plus satisfaire les besoins administratifs

Quant aux locaux d’archives, ils sont pratiquement inexistants dans les administration ou mal bâtis. Ainsi sous prétexte qu’il n’y a pas de place pour les documents, on les entasse à même le sol, sous les escaliers des services, bref dans des lieux impropres au mépris d’une disposition rationnelle et d’instructions précises dans un but bien défini. Comment en est-on arrivé à cette situation désastreuse ?

- Le mauvais traitement que subissent les documents d’archives résulte de plusieurs considérations à savoir : La mauvaise conception du terme ’’archives’’. Pour bon nombre de personnes c’est un terme qui est synonyme de ’’vieux papiers inutiles’’ donc sans importance.

- La réticence des gouvernants à adopter une réglementation efficace et fiable en matière d’archives. Il s’en suit l’absence de services d’archives organisés dans les services administratifs, faute de personnel et de crédit.

- Le manque de formation des administrateurs et du personnel de tout niveau qui ne sont souvent pas sensibilisés à l’intérêt des archives.

- La facilité des moyens de reproduction et de duplication qui entraîne souvent la multiplication inutile des documents en plusieurs exemplaires

- La dispersion des services administratifs et le manque de locaux adéquats pour les opérations d’archivage.

Mais quels sont les difficultés et les freins à la recherche historique au Bénin ?

- Les difficultés de la recherche historique

La recherche historique, malgré ses multiples efforts de plusieurs ouvrages sont publiés sur l’Histoire de l’Afrique se trouve confrontée à certaines difficultés. Celles-ci rencontrent aussi bien sur la voie de la diffusion de l’information historique que sur celle qui mène aux connaissances historiques elles-mêmes.

Tout un public de jeunes en quête d’information sur leur passé, d’honnêtes gens qui veulent mieux comprendre ce qui se passe aujourd’hui à travers ce qui s’est passé, d’étudiants et de chercheurs africains ou non constituent une demande potentielle et immense qui ne cesse de s’accroître. C’est rare qu’une discipline bénéficie d’une aussi magnifique occasion. L’histoire est donc prisée. Une telle situation constitue pour l’historien en général et l’historien africain en particulier un grand défi à relever pour donner une réponse satisfaisante à cette attente conformément aux règles et idéaux de l’histoire : tel est le grand problème.

Les sociétés conservaient ou récréaient leur passé à travers le récit d’événements plus ou moins imaginaires. Le mythe n’est pas de l’histoire. Le temps du mythe n’est pas celui des sociétés qui se le transforment. La structure du récit mythique n’est pas la même que celle du récit historique. Ainsi, une autre entrave majeure à la recherche historique est le barrage des mythes et légendes dressé contre l’histoire. L’oralité, caractéristique de la recherche historique au Bénin est susceptible de beaucoup de déformations parce que d’une génération à une autre, les récits ne sont pas les mêmes. L’Afrique en général et le Bénin en particulier étant de tradition orale, on comprend aisément l’incertitude que pouvait contenir les informations orales recueillies par les historiens. Il en est de même pour l’écriture qui, sans doute, modifie la manière de rapporter les événements du passé. Elle constitue une véritable rupture entre les récits plus ou moins légendaires et mythiques et la narration d’événements réels.

La D.A.N, référence par excellence de l’histoire nationale, il faut remarquer que beaucoup d’historiens n’ont aucune idée du fonds documentaire qui s’y trouve.

Par ailleurs, la conception que l’Afrique n’a pas d’histoire décourage bon nombre de chercheurs désireux d’entreprendre des recherches sur l’histoire africaine. Il y aussi les conditions de recherche qui ne sont des plus favorables (manque de moyens financiers et techniques, manque de formation d’historiens débutants ?) et les protocoles qui entravent l’accès aux personnes ressources souvent de vieux sages qui sont détenteurs de la tradition orale. De plus, au Bénin, les recherches archéologiques n’existent pratiquement pas, mis à part quelques vestiges du passé découverts souvent lors d’installation d’infrastructures de tout genre. Il s’agit de quelques traces comme les poteries, les cauris.

L’histoire, dans l’accomplissement de sa noble tâche rencontre de réelles difficultés. Est-ce le même pour les médias ?

- Les problèmes liés au fonctionnement des média

Ces dernières années, les médias ont connu des mutations accélérées sur les plans techniques, économique et social. Une telle situation n’a pas manqué de générer des difficultés de tous genres qui entravent leur bon fonctionnement si bien que de plus en plus, les méthodes de gestion entreprenariale et managériale s’appliquent aussi dans les médias .

Au nombre des problèmes liés au fonctionnement des médias, il faut noter en premier lieu le sous-équipement et l’état vétuste des installations techniques. Font également défaut, les équipement de reportage, les moyens de déplacement et de communication (téléphone, fax, Internet ?). Les émetteurs en modulation de fréquence, ondes courtes ou moyennes sont peu puissants. Il est souvent très difficile de capter Radio-Bénin dans la fin fond du septentrion.

Par ailleurs, les populations, à cause de leur analphabétisme, souvent des lecteurs, des auditeurs ou des téléspectateurs peu concentrés.

L’usage de cameras et autres matériels techniques inadaptés est frappant. Les émissions viennent ainsi en nombre insuffisant et souvent réalisées par des institutions audiovisuelles étrangères. L’ère de la démonopolisation de l’espace audiovisuel a consacré l’existence d’une presse écrite nombreuse et l’installation d’une chaîne de télévision privée. Cette catégorie ne manque pas aussi de rencontrer des difficultés qui ont pour nom la mévente des journaux, la mauvaise qualité des papiers et les recettes publicitaires maigres et limitées qui font l’objet d’analyses souvent polémiques.

En deuxième lieu, on évoquera l’aide de l’Etat à la presse. Ainsi pour assurer la survie des journaux de la place à travers de la formation des journalistes et le féminisme des organes de presse garantir le pluralisme de la pensée, l’Etat qui se déclare garant du droit de l’information et de la liberté de la presse a créé des systèmes d’aide. Mais le principe admis, les modalités d’application de cette aide imposent des conditions draconiennes soulevant ainsi de multiples problèmes comme par exemple l’exclusion de bon nombre de journaux.

Enfin se pose également l’épineux problème de la censure politique qui limite les journalistes dans leur action.

2 Messages de forum

Répondre à cet article